L’éclairage des motos dans le passé

La semaine dernière, comme chaque année (la dernière ?!) nous sommes repassé à l’heure d’hiver. Pour nous les motards, c’est l’un des moment de l’année où nous préférons vérifier le bon fonctionnement de l’éclairage sur nos montures, histoire d’éviter que ça nous lâche à 17h00 quand on sort du boulot et qu’il commence à faire déjà nuit.

Il y a une tendance qui s’est installée depuis quelques années avec l’éclairage de nos motos : le passage des ampoules classiques aux ampoules LED. Alors c’est sûr, pour ceux qui ont une moto ancienne ça tranche sacrément avec le look de la moto mais parfois cela donne un sérieux coup de jeune au regard de la machine.

En toute objectivité, l’ampoule LED présente plusieurs avantages par rapport à l’ampoule classique et à l’ampoule halogène type H4 :

  • elle est insensible aux vibrations
  • elle consomme peu d’énergie avec un niveau d’éclairage quasi identique à une ampoule halogène. A titre de comparaison, une ampoule LED de 18/12 Watt (plein phare/code) a pour équivalence une puissance de 60/55 Watt avec une ampoule halogène H4
  • elle peut être prise à pleine main lors de son remplacement
  • elle ne chauffe pas

Concernant ce dernier point, il n’est pas applicable à tous les modèles car certains sont équipés d’un radiateur pour dissiper la chaleur au niveau du culot de l’ampoule.

Hormis tous ces avantages, on peut se demander comment faisait les motards dans le passé avant l’apparition des ampoules LED ?

Tout d’abord, il faut se remettre dans le contexte du début de l’histoire de la moto. Au tout début du 20ème siècle, l’éclairage sur une moto (ou une voiture) se faisait soit avec une lampe à pétrole ou bien une lampe à acétylène. La dynamo et l’ampoule à filament étant loin d’être généralisées à l’ensemble des véhicules motorisés à ce moment là.

Des années 30 aux années 80

Dans les années 30, les ampoules à filament font leurs apparitions sur l’ensemble des véhicules motorisés. En parallèle, les ampoules sélectives dispersives jaunes – où plus simplement appelées les « ampoules jaunes » – font leurs apparitions et deviennent obligatoires sur l’ensemble des véhicules motorisés à partir du 03 novembre 1936 pour une raison bien particulière …

Un exemple de publicité des années 30 pour des ampoules jaunes sélectives de la marque YVEL – GRANILUX A.S.

La presse spécialisée de l’époque relate que les motards et les automobilistes avaient du mal à respecter l’utilisation du feu de code / plein phare sur route la nuit. On y apprend que cela était devenu la source de nombreux accidents et de nombreuses plaintes. On y retrouve alors des comparatifs entre les lumières jaunes et les lumières blanches avec leurs effets sur l’œil humain. Il s’avère que la lumière jaune permet de limiter l’éblouissement sur l’œil humain et la sensation d’aveuglement sur la route. L’éblouissement correspond, dans un registre médical, à une micro paralysie du nerf optique. Celle-ci s’estompe après environ 40 secondes une fois l’éblouissement passé. C’est cette durée qu’il faut à l’œil humain pour retrouver sa vue normale. Si tu veux faire un test tout bête, tu prends une lampe torche avec une ampoule jaune et une autre avec une ampoule à LED : tu les testes une après l’autre en fixant du regard le faisceau lumineux durant 2 secondes et tu verras comment ton œil réagit. La lumière LED aveugle totalement et l’œil met plus de temps à retrouver sa vue normale qu’avec la lumière jaune. C’est pour cette raison qu’en France, les ampoules jaunes sur les véhicules motorisés étaient une obligation pour circuler sur route.

Le constat de l’époque était déjà clair (sans mauvais jeu de mot) sur l’ampoule jaune :

  • elle n’est pas aveuglante
  • les objets éclairés par la lumière jaune sont plus visibles et contrastent mieux avec leurs environnements
  • elle pénètre mieux dans le brouillard par rapport à la lumière blanche. Cette dernière se réfléchit beaucoup plus sur les gouttelettes d’eau constituant le brouillard réduisant ainsi la visibilité.
  • elle diminue la fatigue visuelle lors de la conduite. En cas d’extinction subite, avec la lumière jaune, le motard n’aura pas la sensation de rouler dans le noir absolu car l’œil n’aura que très peu travaillé.

En 1930, en France, on en avait déjà bien conscience, au point que cette loi fut conservée jusqu’en … janvier 1993.

Des années 80 à aujourd’hui

Au début des années 80, l’ampoule halogène type H4 se généralise sur l’ensemble de la production moto (et auto).

Une ampoule halogène est constituée de la même manière qu’une ampoule à filament mais à laquelle on a ajouté du gaz halogène. Ce gaz contenu dans l’ampoule permet d’augmenter l’efficacité et la durée de vie du filament car il évite le transfert des atomes de tungstène du filament vers la paroi interne de l’ampoule. Celle-ci permet d’obtenir un meilleur rendement sur route avec un niveau d’éclairage supérieur et une durée de vie nettement plus élevée qu’une ampoule classique à filament.

L’ampoule H4 est aujourd’hui encore et toujours d’actualité mais reste problématique en cas de remplacement : il faut impérativement éviter de la toucher directement avec les doigts sous peine de perdre en efficacité.

De ce fait, et suivant tous les avantages cités ci-dessus, l’éclairage par LED apparait comme une excellente variante.

Et dans le cas d’une restauration ?

Dans le cas de la restauration d’une moto ancienne, l’ampoule LED peut être une solution sur une machine avec un circuit de charge peu puissant ou bien sur une moto pourvue d’une dynamo. L’ampoule LED, suivant le modèle, étant de capable de fonctionner sur une plage de tension bien plus large qu’une ampoule classique avec une puissance nécessaire moindre permet de limiter la consommation sur le circuit électrique tout en ayant un niveau d’éclairage convenable.

Il ne reste plus qu’à attendre que les fabricants nous sortent des ampoules LED avec des températures de couleur moins élevées pour se rapprocher de la couleur jaune de nos anciennes et nous pourrons ainsi dire que, telle qu’elle était, la lumière fût.